Régimes d’imposition

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En tant que profession libérale, vous devez soumettre votre activité à un régime d’imposition.

Deux régimes s’offrent à vous :

  • le régime déclaratif spécial (ci-après désigné régime du micro-BNC),
  • le régime de la déclaration contrôlée (ci-après désigné régime du réel).

Régime déclaratif spécial (micro-BNC)

Sans option contraire de votre part, ce régime du micro-BNC s’appliquera  :

Avantages

Il permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire pour les frais professionnels de 34 % sur les recettes encaissées.

Exemple : j’ai perçu 60.000 euros de recettes.

  • L’administration fiscale m’octroie un abattement forfaitaire de 34% soit 20.400€ représentatif de mes dépenses.
  • Je serai imposé sur un bénéfice de 39.600 euros.

Au régime du micro-BNC, tout est compris dans l’abattement forfaitaire de 34 %, c’est parfois un avantage si vous avez peu de dépenses, c’est parfois un inconvénient car vous n’avez donc pas la possibilité de déduire plus.

Au niveau comptable, les obligations sont simplifiées. Vous êtes dispensé de la tenue d’une comptabilité. Vous devez simplement tenir un livre des recettes qui présente le détail journalier des recettes professionnelles en mentionnant l’identité de la personne qui règle, le montant des honoraires perçus, la date et le moyen de paiement.

Conditions

Pour l’année 2022, le régime du micro-BNC s’applique aux professionnels dont les recettes n’excèdent pas 72.600 euros au cours de l’une des deux années précédentes (2020 ou 2021).

Début d’activité

Vous débutez votre activité en 2022, n’ayant pas de recettes de référence pour 2020 et 2021, ce régime s’applique de plein droit l’année de création (2022) et l’année suivante (2023).

Les recettes doivent être ajustées s’il y a lieu au prorata du nombre de jours.

Par exemple, j’ai débuté le 1er avril 2022 :

  • en 2022 j’ai perçu 58.500 euros de recettes (soit 77.645 euros pour 365 jours), je peux appliquer le régime du micro-BNC pour 2022 étant l’année de création.
  • en 2023, j’ai perçu 76.000 euros de recettes : je peux appliquer le régime du micro-BNC pour 2023 étant l’année suivante de la création.
  • en 2024 quel que soit mes recettes je dois abandonner le régime du micro-BNC (2022 en équivalent 365 jours ainsi que 2023 étant supérieures à 72.600 euros), je dois choisir le régime fiscal du réel développé ci-après.

Cas général

En pratique, il convient de se référer à 2020 dans l’hypothèse où le montant des recettes 2021 excède 72.500 euros.

Exemple 1 : Je suis en micro-BNC en 2021 et j’ai perçu : 69.000 euros de recettes ; je peux appliquer le régime du micro-BNC pour 2022 quel que soit le montant des recettes encaissées.

Exemple 2 : Je suis en micro-BNC en 2021 et j’ai perçu : 75.000 euros de recettes, je me réfère à 2020 où j’ai perçu 71.000 euros de recettes ; je peux appliquer le régime du micro-BNC pour 2022 quel que soit le montant des recettes encaissées.

Exemple 3 : Je suis en micro-BNC en 2021 et j’ai perçu : 75.000 euros de recettes, je me réfère à 2020 où j’ai perçu 74.000 euros de recettes ; je dois abandonner en 2022 le régime du micro-BNC et appliquer le régime du réel.

Vous êtes donc obligatoirement imposé d’après le régime de la déclaration contrôlée 2035 (réel) la première année qui suit le dépassement du seuil deux années consécutivement.

Formalisme

Recettes à déclarer

Les recettes à déclarer correspondent aux sommes effectivement encaissées au cours de l’année, déduction faite des honoraires rétrocédés à des confrères.

Obligations déclaratives

Vous portez directement le montant de vos recettes annuelles dans la déclaration des revenus (2042C PRO) rubrique 5HQ

Le régime de la déclaration contrôlée (réel)

Les professionnels soumis au régime du réel doivent établir une déclaration fiscale 2035 qui leur permet de calculer leur bénéfice : recettes encaissées – dépenses payées.

Conditions

Obligation

Vous relevez du régime du réel si vous êtes exclu du régime du micro-BNC en raison du dépassement des seuils (voir ci-dessus).

Option

Vous pouvez aussi exercer une option pour le régime du réel.

L’option doit être exercée dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration 2035. Elle n’est soumise à aucun formalisme et résulte de la souscription de la déclaration 2035 dans le délai légal.

Exemple pour la déclaration 2035 des revenus 2022, la date de dépôt devrait être le 18 mai 2023.

Avantages

Déduction des dépenses réelles

Vous déduisez vos dépenses réellement engagées, qui dans certains cas peuvent être plus importantes que l’abattement forfaitaire de 34% prévu au régime du micro-BNC.

Par exemple si vous avez :

  • des frais de déplacement importants,
  • des loyers pour local professionnel,
  • des redevances de collaboration dans le cadre d’un contrat de collaboration,
  • des cotisations à des régimes facultatifs : mutuelle, prévoyance, retraite dans le cadre de la Loi Madelin ou dans le cadre des nouveaux Plan Épargne Retraite.

Déduction des amortissements

Si vous devez investir (achats supérieurs à 600 € TTC) : matériel, véhicule ou aménagement d’un local… le régime du réel vous permet de déduire les amortissements sur ces biens chaque année, pas au régime micro-BNC.

Bénéficier d’avantages fiscaux

Le régime du réel permet de bénéficier des dispositifs réservés aux contribuables imposés selon un régime réel :

  • réduction pour frais de comptabilité,
  • crédits d’impôt formation (plafond 40 heures x 10.15€)
  • exonération fiscale prévue si vous exercez dans les zones de revitalisation rurale.

Détail sur l’option

Durée de l’option

L’option est valable un an, puis reconduite tacitement chaque année pour un an.

Renonciation à l’option

Depuis le 1er janvier 2022, si vous désirez renoncer à votre option au régime du réel, vous devez notifier votre choix à l’administration avant la date limite de dépôt de la déclaration 2035 souscrite au titre des revenus de l’année précédente celle au cours de laquelle la renonciation s’applique.

En pratique, la renonciation de votre option au régime du réel doit être notifiée à l’administation sur papier libre ou par la messagerie sécurisée de votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.

Exemple : pour l’exercice 2022 je relevé du régime du micro-BNC (mes recettes en 2021 ou en 2020 étant inférieures à 72.500 euros), j’opte pour le régime du réel en déposant une déclaration 2035 le 15 mars 2023.

Si vous désirez renoncer à votre option au régime du réel pour l’exercice 2023, vous devez notifier l’administration avant le 18 mai 2023.

Micro-BNC ou réel ?

Il est intéressant d’opter pour la déclaration au réel si vos charges représentent plus de 34 % de vos recettes.

 

Exemple 1 : je débute l’activité en octobre 2022, pendant les 4 premiers mois j’ai beaucoup de dépenses et peu de recettes. Me déclarer au régime du réel fait donc apparaître un bénéfice faible, ce qui m’évite de payer des impôts la première année d’exercice.

Exemple 2 : en 2022 j’ai perçu 80.000 euros de recettes, je suis collaborateur et verse une redevance de 15% de mes recettes, d’après mes estimations le total de mes dépenses est supérieur à 34 % de mes recettes.

Me déclarer au régime du réel me permet de déclarer un bénéfice 48800 €, inférieur à celui du régime du micro-BNC : 80.000 € – abattement de 34 % = 52.800 €.

Flash info
Certification périodique : début au 1er janvier 2023 ?

A compter du 1er janvier 2023, les 7 professions de santé disposant d’un Ordre (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier, masseur-kinésithérapeute et pédicure-podologue) devront faire l’objet d’une certification périodique. Cette dernière a été instaurée par ordonnance en juillet 2021 et doit être acquise tous les 6 ans grâce à la réalisation d’un programme d’actions visant 4 objectifs : actualisation des connaissances et compétences ; renforcement de la qualité des pratiques ; amélioration de la relation avec les patients ; et enfin, prise en compte de sa propre santé personnelle. A noter : si l’actuel DPC remplit les obligations du 1er objectif, il reste, quand même 3 autres buts à atteindre… ce qui représentera d’après une étude de l’Inspection Générale des Affaires Sociales une somme comprise entre 1,5 à 5,4 milliards d’euros en 6 ans si l’on veut que les 1,16 millions de professionnels de santé concernés soient certifiés. En conséquence, l’IGAS préconise de prendre en compte ce qui est déjà effectué par les professionnels : revues de mortalité ou de morbidité et démarches de labellisation dans les établissements, intervention dans un congrès ou tutorat des jeunes professionnels ou encore participation à des instances professionnelles chez les libéraux… Selon l’IGAS, une économie d’environ 2,8Mds€ serait alors réalisée. Pour en savoir davantage sur la certification et sur l’étude de l’Igas, c’est ci-dessous !

Etude igas
Info certification

Idels : début des travaux sur le décret d’actes en 2023

Selon l’Ordre National Infirmier, la révision du décret d’actes infirmiers devrait débuter début janvier 2023. Rappelons que cette dernière avait été promise par Olivier Véran (alors Ministre de la Santé) dès janvier 2022… L’Ordre en profite pour revendiquer un nombre important de transferts de compétences avec possibilité de réaliser de manière autonome des actes pouvant déjà être accomplis aujourd’hui sous prescription médicale. Parmi eux : prescription de certains médicaments d’usage courant type paracétamol, renouvellement de traitement… Enfin, l’Ordre Infirmier appelle aussi à une évolution législative à travers la modification du Code de Santé Publique, pour ouvrir la possibilité d’accès direct aux professions paramédicales et les intégrer dans l’offre de soin de premier recours et dans l’organisation de la permanence de soin dans les territoires. Pour lire le communiqué de l’Ordre, c’est là !

Communiqué

Idels et sages-femmes : bientôt intégrés dans la permanence des soins ?

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2023 prévoit dans son article 24 bis que les infirmiers diplômés d’Etat « dans le cadre de leur activité libérale ont vocation à concourir à la mission de service public de permanence des soins ». Ceci impliquerait que les Samu-centres 15 pourraient faire appel à un Idel pour, par exemple, évaluer en 1er lieu le patient et la nécessité d’un SMUR ou d’un autre mode de transport. Rappelons que la permanence des soins est prévue pour la prise en charge des demandes de soins non programmées aux horaires de fermeture des cabinets des médecins libéraux (le soir, la nuit, le week-end et les jours fériés). Organisé par l’ARS, il met en place un tableau de garde par secteur et fait bénéficier le professionnel de santé qui y collabore d’un forfait d’astreinte qui ne peut pas être inférieur (pour les médecins) à 150 € pour 12 h indépendamment de la rémunération des actes accomplis dans le cadre de leur mission. L’article 24 bis prévoit également que les sages-femmes libérales soient également intégrées dans la permanence des soins.

Texte art. 24 bis

« Intolérable fracture sanitaire »…

C’est ce que dénonce avec force l’UFC-Que Choisir dans l’étude qui vient de paraître. En effet, selon l’UFC, il faut prendre en compte dans l’accès aux soins non seulement le critère géographique et de densité médicale ainsi que le fait l’Assurance Maladie, mais aussi le critère financier : autrement dit, il faut tenir compte des dépassements d’honoraires qui empêchent une grande partie des Français de consulter eu égard au reste à charge qu’ils ont à assumer. Du coup pour l’UFC-Que Choisir, ce ne sont pas 15,3 millions de Français qui ont un accès difficile à un médecin généraliste en métropole (c’est-à-dire qui vivent dans une zone où la densité médicale est 30% en-dessous de la moyenne nationale), mais 19 millions… Pour l’accès aux spécialistes, le constat est encore plus dramatique puisqu’alors, plus de 80% des français n’ont pas accès à un ophtalmologue respectant le tarif de la Sécurié Sociale à moins de 45 minutes de trajet, près de 80% des enfants n’ont pas accès à un pédiatre et 86% des femmes n’ont pas accès à un gynécologue… Pour connaître les détails et préconisations de l’UFC-Que Choisir, cliquez ci-dessous !

Etude

Formations sanitaires : bilan 2021

En 2021, 169 533 étudiants, dont 85 % de femmes, étaient inscrits dans l’une des 1 318 formations aux professions sanitaires de France (+5 % par rapport à 2020). La hausse du nombre d’inscrits s’observe dans toutes les formations, sauf chez les psychomotriciens. Elle est particulièrement prononcée chez les ambulanciers (+17 %) et les aides-soignants (+12 %). Toutefois, la grande majorité des inscrits (56%) se retrouve en IFSI, toutes années de scolarité confondues. On se rappelle que le nombre de places offertes à ces 3 professions a été fortement augmenté en 2021. Du côté des diplômés, leur nombre augmente également, s’élevant toutes professions confondues à 65 627 en 2021 (+2%). Mais la situation est très contrastée : nouvelle baisse chez les pédicures-podologues de -8% (déjà -23% en 2020 !), mais aussi chez les infirmiers (-4%), tandis que le nombre d’ambulanciers, de techniciens de laboratoire et d’aides-soignants progresse fortement. Enfin, si 18% des étudiants inscrits dans une formation sanitaire ont été mobilisés dans le cadre de la crise sanitaire du Covid en 2020, ils étaient encore 12% en 2021. Pour plus de détails, se reporter au communiqué ci-dessous…

Communiqué